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Les femmes aujourd’hui aspirent à retrouver l’aspect d’une peau parfaite et l’éclat d’un teint uniforme, sans marques, taches ni rougeurs. Anticipant ces souhaits, les chercheurs de L’Oréal ont mis au point la molécule LR2412. Cet actif a été commercialisé pour la première fois en 2011 dans un produit du soin anti-âge Visionnaire de Lancôme. La mise au point de cette molécule illustre la démarche d’évaluation prédictive du groupe L’Oréal qui s’appuie sur de nombreux tests réalisés, notamment sur des modèles de peau humaine reconstruite.

Une molécule inspirée des connaissances de la nature

"Notre travail de recherche a été fondé sur les attentes des femmes désireuses d’un produit capable d’agir à la fois sur les rides, le teint et l’élasticité de la peau", témoigne Jean-François Michelet, responsable du laboratoire d'évaluation biologique et chimique de L’Oréal. "Notre objectif était donc de trouver une nouvelle molécule anti-âge". Fruit de 12 années de recherche, la molécule LR2412, aujourd’hui protégée par 17 brevets, est capable d’un effet global sur l’ensemble des caractéristiques de la peau comme son élasticité, sa résistance ou sa pigmentation. Voici, étape par étape, la naissance de cette molécule.

Etape 1 : Identifier la molécule

L’histoire commence en 2002. En observant les systèmes de défense élaborés par les plantes lorsqu’elles sont agressées, les chercheurs de L’Oréal s’intéressent à l’acide jasmonique, une molécule qui active la cicatrisation. "On savait que l’acide jasmonique (issu du Jasmin), favorisait la régénération des tissus chez les plantes", explique Jean-François Michelet. "Nous nous sommes posé la question de savoir si un tel composé chimique pouvait aussi agir sur des mécanismes de réparation et de régénération de la peau humaine".

Pour les chercheurs de L’Oréal, le défi est alors d’identifier ou concevoir des analogues de l’acide jasmonique, des molécules capables, comme chez les plantes, d’activer des processus utiles à la régénération des tissus. Les équipes du laboratoire Vieillissement, surface et hygiène de L’Oréal dont Dominique Bernard est responsable, réalisent alors une étude détaillée portant sur ses propriétés biologiques. Parmi les Jasmonates, c’est bien le LR2412 qui est identifié et confirmé en tant que favori.

La sélection des molécules candidates est alors transmise au laboratoire de Recherche des actifs biologiques où les chimistes entrent en jeu. "En observant en détail la structure chimique d’acide jasmonique, nous l’avons trouvée intéressante parce qu’elle est à la fois acide et amphiphile (1), deux caractéristiques qui favorisent le processus d’exfoliation naturelle de la peau (l’élimination des cellules mortes de l'épiderme) et donc sa régénération", explique Maria Dalko, responsable du laboratoire Actifs de Performance. Après plusieurs mois de travail, les chercheurs retiendront finalement les deux meilleurs candidats parmi une vingtaine de composés dont le LR2412 est sorti gagnant.

Etape 2 : Evaluer les effets de la molécule

Après avoir évalué l’innocuité de la molécule, "nous nous sommes ensuite posé la question des effets concrets  de la molécule sur le derme et sur l’épiderme", raconte Jean-François Michelet. Pour les évaluer, les chercheurs testent alors la molécule sur des peaux reconstruites, fabriquées dans le Centre d’Evaluation Prédictive de Gerland, à Lyon. C’est sur cette plateforme que sont évaluées à la fois l’efficacité et l’innocuité de toutes les molécules utilisées dans tous les produits L’Oréal.

Connaissant le potentiel d’activité de surface du LR2412, les chercheurs se sont d’abord appuyé sur le modèle de peau reconstruite Episkin. "Un épiderme très fin permettant de tester parfaitement l’effet de stimulation de la vitesse et de la qualité de l’épiderme", explique Jean-François Michelet. "Nous avons alors ciblé le métabolisme de l’acide hyaluronique, constaté que le LR2412 le contrôlait en partie et en avons observé les conséquences, celle d’un effet sur le renouvellement de l’épiderme" (l’acide hyaluronique participe aux propriétés visco-élastiques de la peau, forme une matrice fortement hydratée qui protège la peau des agressions extérieures). "La production d’acide hyaluronique dans l’organisme chute au cours du vieillissement, de façon dramatique dans l’épiderme avec pour conséquence une diminution de l’épaisseur de la peau".

Il est tout à fait remarquable de noter que le rétinol, une référence anti-âge, présente une activité du même type que celle du LR2412 sur le métabolisme de l’acide hyaluronique, cependant, le LR2412 ne présente pas à terme, les effets d’intolérance du rétinol, dues à une perturbation de la maturation des couches superficielles de l’épiderme. Avec le LR2412 aucune sécheresse, aucun inconfort ne sont rapportés, aucune perturbation de l’épiderme. Après une année d’évaluation, les biologistes en charge des tests confirment deux qualités du LR2412: "la molécule favorise le renouvellement de l’épiderme et augmente la synthèse de l’acide hyaluronique"

Etape 3 : Optimiser les fonctions de la molécule

"Nous avons alors travaillé sur sa structure chimique", explique Maria Dalko. Concrètement, "nous avons transformé certaines fonctions de la molécule afin de permettre une expression optimale de ses propriétés". Une fois passés les tests d’innocuité, suivront des protocoles de tests chez l’homme, réalisés à partir d’une formulation simplifiée, auprès de différentes classes d’âges. Des essais de très courte durée mais qui "permettent de confirmer les potentialités anti-âge du LR2412 ", indique Jean-François Michelet. Reste encore une dernière étape, capitale. Concevoir une formulation finale capable de créer une cohérence entre l’efficacité réelle du produit et l’efficacité ressentie par le consommateur.

Etape 4 : Mesurer l’effet anti-âge

Les résultats très encourageants obtenus sur l’épiderme ont conduit à continuer l’exploration vers des couches plus profondes de la peau, la jonction dermo-épidermique (une zone déterminante impliquée dans le maintien des structures cutanées et le derme superficiel. Les chercheurs ont alors recours au modèle de peau complet Realskin qui, comme son nom l’indique, reproduit une peau très proche d’une peau humaine, constituée d’un épiderme et d’un derme vivants. "Nous avons pu aller plus loin et constater le réel effet anti-âge de la molécule", confie le responsable des laboratoires d’Evaluations biologiques de L’Oréal. Au bout d’un an de test, "nous avons pu confirmer que LR2412 était très bien tolérée par la peau, et nous avons constaté qu’elle avait un effet positif sur des constituants de la jonction épidermique et du derme autant d’éléments impliqués dans l’élasticité de la peau".

Le LR2412 favorise la production de collagène, protéine participant à la résistance des tissus, et de fibrine, composant contribuant à l’élasticité de la peau. La molécule est donc un excellent candidat à la création d’un nouveau produit cosmétique capable de stimuler une douzaine de marqueurs biologiques. "Nous savions alors que nous tenions une molécule très intéressante", s’enthousiasme Jean-François Michelet. Il ne restait plus qu’à en faire un produit.

Etape 5. Trouver LA formulation la mieux adaptée à la molécule

Architectes de la formulation, les chercheurs de Recherche Appliquée, ont su traduire les qualités du LR2412. De fait, c’est grâce au modèle de peau reconstruite Realskin qu’une formulation optimale a pu être réalisée, permettant d’optimiser la diffusion et la distribution de l’actif dans les trois compartiments de la peau (stratum corneum, épiderme, derme).

Une tâche complexe au départ. En effet, dans une émulsion, la molécule LR2412 "aime l’eau autant que l’huile", expliquent les laboratoires de L’Oréal. Eau et huile étant des composants de la formulation d’un produit cosmétique, il fallait donc trouver une solution. En testant sur Realskin des formulations, les chercheurs ont proposé une forme de sérum offrant à la molécule le meilleur véhicule possible. Et lui permettant, par là même, d’exprimer au maximum son potentiel d’efficacité cosmétique.

Etape 6 : Renforcer l’efficacité du produit par des messages sensoriels

"Quand nous mettons un produit au point", explique Fabrice Aghassian, directeur international des méthodes d’évaluation pour la recherche, "nous assemblons des briques élémentaires (actif, couleur, texture,...) de manière à ce qu’elles contribuent toutes à la perception d’efficacité de la molécule par des messages sensoriels et émotionnels congruents". "Une crème de soin vert pomme, par exemple, ne générera pas la même perception d’efficacité perçue qu’une crème couleur miel". Et cette perception peut varier selon la tranche d’âge, le mode d’utilisation ou même la culture. "Notre objectif est d’associer ce qui est pertinent", souligne cet expert "tout en sachant que l’innovation, c’est aussi de l’inattendu!"

A la recherche de la peau parfaite ?

Les laboratoires de L’Oréal se penchent déjà sur l’avenir et sur les descendants du LR2412. "Le potentiel de cette molécule nous conduit à rechercher, notamment avec les équipes du département Consumer Insight de nouveaux champs d’utilisation bénéfiques répondant aux attentes des femmes", explique Maria Dalko.

"Les propriétés exfoliantes du LR2412 pourraient nous conduire, par exemple, à créer une formulation pour un home peeling, c'est-à-dire un gommage facial à faire chez soi. Découverte scientifique au premier sens du terme, le LR2412 pourrait aussi être le premier maillon d’une nouvelle génération de produits de soins du visage."

(1) Amphiphile : les molécules amphiphiles possèdent la double capacité d’être solubles dans l’eau (hydrophilie) et dans l’huile (lipophilie). Les savons sont basés sur cette propriété : la partie lipophile (acide gras) fixe les molécules organiques que l'eau seule ne peut retirer, tandis que la partie hydrophile est emportée par l'eau. Une telle propriété favorise donc l’exfoliation.